AU LIEU DE TRAVAILLER
Robert Charlebois

Ma plume s’envole sur les ailes d’un oiseau
Vers la grande bleue derrière un beau rouleau
J’suis pas Rimbaud mais j’imagine sous l’eau
Les balaous et les requins-marteaux
Mes yeux s’arrêtent sur un vieux trois-mâts
Toi tu vernis la maison et t’aimes çà
Tu m’parles de ta mère j’te réponds pas
J’ai la tête en mer, su’l’pont là-bas

Au lieu d’travailler…
au lieu d’travailler
Au lieu d’travailler…
Travailler

Y à des baleines devant le voilier blanc
Me v’la capitaine et v’la l’bon vent
J’me dis hé ho qu’ils doivent être bien sur l’eau
Et les matelots zyeutant ton bungalow
Se disent ho hé qu’ils doivent être bien là-bas
Mais moi quand j’te veux je quitte leur bateau
Eux pourront jamais caresser ta peau
Il file sur les flots
Avec les cachalots

Au clair de la lune j’ai des idées noires
Comme du mazout, ça m’fait comme plus marrer
D’voir des tas de rouille sous pavillon ‘’money’’
Plumer dans l’fioul les canards enchaînés
Cauchemar.

Laissez l’pétrole où il est
Le jaune du soleil pourra faire rouler
Tous ces patrons qui empoisonnent les poissons
Et les oisifs qui emmerdent les oiseaux.

Au lieu d’travailler…
À jeter l’encre sur du papier
Moi j’aime mieux gratouiller

Au lieu d’travailler… travailler…